Quelques sorties féministes & LGBTQ+ de février

2 février

Love is an ex-country, Randa Jarrar : Queer. Muslim. Arab American. A proudly Fat woman. Randa Jarrar is all of these things. In this viscerally elegant and intimately edgy memoir of a cross-country road trip, she explores how to claim joy in an unraveling and hostile America (Kirkus Reviews). Randa Jarrar is a fearless voice of dissent who has been called politically incorrect (Michelle Goldberg, The New York Times). As an American raised for a time in Egypt, and finding herself captivated by the story of a celebrated Egyptian belly dancer’s journey across the United States in the 1940s, she sets off from her home in California to her parents’ in Connecticut. Coloring this road trip are journeys abroad and recollections of a life lived with daring. Reclaiming her autonomy after a life of survival–domestic assault as a child, and later, as a wife; threats and doxxing after her viral tweet about Barbara Bush–Jarrar offers a bold look at domestic violence, single motherhood, and sexuality through the lens of the punished-yet-triumphant body. On the way, she schools a rest-stop racist, destroys Confederate flags in the desert, and visits the Chicago neighborhood where her immigrant parents first lived. Hailed as one of the finest writers of her generation (Laila Lalami), Jarrar delivers a euphoric and critical, funny and profound memoir that will speak to anyone who has felt erased, asserting: I am here. I am joyful.

3 février

Le ladies football club, Stefano Massini : Comment est né le football féminin en Angleterre ? Par ce hasard qui ne fait jamais rien au hasard. Le 6 avril 1917, à la pause déjeuner de l’usine de munitions Doyle & Walkers, à Sheffield, Royaume-Uni, Violet Chapman, ouvrière, prise d’une inspiration subite, donne un coup de pied dans l’espèce de balle qui se trouve au milieu de la cour en briques rouges de 330 pieds de long par 240 pieds de largeur. Aussitôt, les dix autres femmes présentes lâchent leur casse-croûte et se lèvent du muret où elles étaient assises en rang d’oignons pour se mettre à courir aussi. Ce simple coup de pied aurait pu les tuer. Car la balle est un prototype de bombe légère destiné à calculer la trajectoire de chute, avant de massacrer l’ennemi. Mais la bombe n’explose pas. C’est leur coeur qui explose. Ce coup de pied vient de leur sauver la vie, à toutes.

4 février

Love Letters, Virginia Woolf & Vita Sackville West (préface d’Allsion Bechdel) : At a dinner party in 1922, Virginia Woolf met the renowned author, aristocrat – and sapphist – Vita Sackville-West. Virginia wrote in her diary that she didn’t think much of Vita’s conversation, but she did think very highly of her legs. It was to be the start of almost twenty years of flirtation, friendship, and literary collaboration. Their correspondence ended only with Virginia’s death in 1941. Intimate and playful, these selected letters and diary entries allow us to hear these women’s constantly changing feelings for each other in their own words. Eavesdrop on the affair that inspired Virginia to write her most fantastical novel, Orlando, and discover a relationship that – even a hundred years later – feels radical and relatable.

Corps public, Camille Ulrich & Mathilde Ramadier : Le corps de Morgan est sans cesse une affaire publique. Dès douze ans, le gynécologue veut la mettre sous pilule. À vingt ans, ses parents la verraient mieux babysitter qu’ouvreuse. Son prof de théâtre prend les comédiennes pour des « hystériques », son sex-friend confond ébats et narcissisme… Puis Pierre entre dans sa vie. Ils veulent un enfant. Comment faire face à ce désir bouleversant ?

5 février

Une guerre mondiale contre les femmes de la chasse aux sorcières aux féminicides, Silvia Federici : Cet ouvrage tente de rassembler en quelques chapitres les grands enjeux soulevés par Silvia Federici autour de la notion de sorcières et de chasse aux sorcières. Le public a connu (et reconnu) Federici à travers son magnum opus de recherche historiographique intitulé Caliban et la sorcière. Cet intérêt s’explique à la fois par la diversité des questions soulevées par l’autrice et par leur importance actuelle dans le débat public : en tournant notre regard sur les inquisiteurs du Moyen-Âge, Federici nous parle de la domination des femmes, de la genèse du capitalisme et du travail salarié, mais aussi de la privatisation des communs et de la destruc- tion de la nature. Cette théorisation n’a pas manqué de soulever des questionnements et des critiques, auxquelles Federici répond ici avec une grande pédago- gie, ce qui lui permet de mettre en avant des éléments particulièrement saillants de son récit : non seulement le fait qu’en Angleterre, la carto- graphie des enclosures se superpose aisément avec celle des procès en sorcellerie; mais en outre, l’autrice souligne les transformations requises par le capitalisme dans notre rapport à la nature, au corps, aux animaux, à la magie. Les sorcières étaient les femmes qui (guérisseuses, avorteuses, entourées d’animaux) développaient un rapport à la nature, au langage, au corps et à la sexualité qui subvertissait d’emblée l’exigence rationalisatrice, médicale et étroitement techno- logique de la grande modernisation capitaliste. Mais il ne s’agit pas que d’histoire : l’autrice propose également de disséquer le retour funeste de la chasse aux sorcières dans certains pays africains ou en Inde. Sans s’en tenir à une lecture religieuse ou idéologique des conflits, elle situe l’origine de cette résurgence dans la grande mutation ayant affecté les mondes agricoles dans les pays en sous- ou mal-développement. Cet œuvre de Federici se situe la croisée des nouvelles radicalités contemporaines, du renou- veau féministe aux autonomies (ZAD, habitats collectifs, coopératives) jusqu’à l’écologie radicale.

Hot, cool & vicious : genre, race et sexualité dans le rap état-unien, Keivan Djavadzadeh : De toutes les musiques populaires contemporaines, le rap est celle que l’on associe le plus communément à l’expression d’un discours misogyne. Mais si les rappeuses elles-mêmes décrivent souvent l’industrie du rap comme un environnement qui leur est hostile, cela fait plus de quarante ans qu’elles ont investi cet espace. Des premiers enregistrements, commercialisés en 1979, à aujourd’hui, de The Sequence à Megan Thee Stallion, en passant par Queen Latifah, Salt’N’Pepa, Lil’ Kim, Nicki Minaj et Cardi B, plusieurs générations se sont succédées, avec des temps forts et des moments de transition. Elles ont écoulé des centaines de millions de disques et participé de manière significative au développement artistique et commercial du rap, sans pour autant être reconnues à la hauteur de leur contribution. Par leurs morceaux ou leurs prises de position publique, elles ont permis d’ouvrir un espace de discussion sur des problématiques relatives à la condition des femmes noires des classes populaires et permis de faire évoluer les mentalités dans la culture hip-hop sur un certain nombre de sujets comme la sexualité ou les violences de genre.Prenant le parti de rendre compte tant des rapports de domination à l’œuvre que des formes de subjectivation rendues possibles pour celles qui évoluent dans l’industrie du rap, cet ouvrage s’intéresse à la façon dont les rappeuses états-uniennes ont négocié leur place dans une industrie dominée par des hommes et fait entendre un discours sur le genre, la race et la sexualité à rebours des représentations hégémoniques. Loin de l’image homogène qu’on lui prête parfois, il s’agit de rendre au rap enregistré par des femmes toute sa diversité et sa complexité.

10 février

Une histoire de genres : guide pour comprendre et défendre les transidentités – Lexie (du compte Instagram aggressively_trans) : À l’heure où les questions de genre et d’identité sont de plus en plus présentes dans l’espace public, voici un guide qui déconstruit tous les préjugés, les abus de langage, les non-sens liés aux transidentités, afin de mieux les comprendre et de donner les armes pour s’en émanciper . Car si être trans est une histoire de rapport de soi à soi, de prise de conscience individuelle, c’est aussi un rapport à des normes et constructions sociales, culturelles et historiques. Véritable prolongement du compte Instagram sur lequel Lexie s’emploie avec patience et grande rigueur à éduquer sur les questions de genre, ce livre est une vraie boussole et un outil d’empowerment pour les personnes trans qui sont souvent isolées, moquées, stigmatisées et font l’objet de violences extrêmes ; mais aussi pour les non trans, concernés ou non, car au-delà des transidentités, c’est sa propre place dans la société et le traitement des différences qu’il s’agit de questionner.

Le ventre des femmes : capitalisme, racialisme, féminisme, Françoise Vergès : Dans les années 1960-1970, l’État français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit et les criminalise en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ?
Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’État français prône en effet le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration. Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d’avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes d’outre-mer, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.
En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’auteure entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes d’outre-mer, héritage douloureux d’un système esclavagiste, capitaliste et colonialiste encore largement ignoré aujourd’hui.

11 février

Se ressaisir : enquête autobiographique d’une transfuge de classe, Rose-Marie Lagrave : Du genre autobiographique, on connaissait les récits sans enquête et les ego-histoires de  » grands hommes  » ; dans les sciences sociales, les enquêtes sur des proches tenus à distance par l’effacement de soi. Renouant avec l’ambition d’une sociologie sensible et réflexive, Rose-Marie Lagrave propose un nouveau type de socioanalyse : l’enquête autobiographique.
Ressaisissant son parcours en sociologue et en féministe, elle remet en cause les récits dominants sur la méritocratie, les stéréotypes associés aux transfuges de classe, le mythe d’un  » ascenseur social  » décollant par la grâce de talents ou de dons exceptionnels. Cet ouvrage retrace une migration sociale faite de multiples aléas et bifurcations, où domination de classe et domination de genre s’entremêlent : le parcours d’une fille de famille nombreuse, enracinée en milieu rural, que rien ne prédestinait à s’asseoir sur les bancs de la Sorbonne puis à devenir directrice d’études à l’EHESS, où elle croise notamment les chemins de Michelle Perrot, Françoise Héritier, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron.
Mobilisant un vaste corpus théorique et littéraire, Rose-Marie Lagrave ouvre sa malle à archives et la boîte à souvenirs. De ses expériences de boursière à ses engagements au MLF et sa pratique du métier de sociologue, elle exhume et interroge les traces des rencontres qui l’ont construite. Parvenue à l’heure des bilans, cette passeuse de frontières et de savoirs questionne avec la même ténacité la vieillesse et la mort.
Contre les injonctions de  » réussir  » et de  » rester soi « , ce livre invite à imaginer de nouvelles formes d’émancipation par la socioanalyse : se ressaisir, c’est acquérir un pouvoir d’agir, commun aux transfuges de classe et aux féministes, permettant de critiquer les hiérarchies sociales et de les transgresser.

A travers la mort – Louise Michel : L’histoire de la publication des Mémoires de Louise Michel est étonnante : elle débute en 1886, chez l’éditeur Roy, sous le titre – maintes fois réédité – de Mémoires de Louise Michel écrits par elle-même. Tome I. Aucun autre tome n’a suivi. Et si, par la suite, sont venus s’accoler d’autres écrits de la célèbre anarchiste, les soixante-dix feuilletons qui constituent le véritable second tome, parus dans la presse de 1890, avaient  » disparu « , peut-être victimes collatérales d’une entreprise de récupération de l’autobiographie de Louise Michel juste après sa mort. Aussi l’édition de ce second tome, inédit en librairie, constitue-t-elle un événement. Couvrant les années 1886-1890 (période qui s’ouvre après la mort de Marianne Michel, la mère, et de Victor Hugo, l’idole, pour se refermer en août 1890, à son départ pour Londres), ce gisement incroyablement riche révèle une écrivaine viscéralement engagée dans l’écriture, vivant ensemble le rapport à l’histoire, à la mémoire, au présent de sa lutte et à l’écriture.

16 février

Women’s Liberation!: Feminist Writings that Inspired a Revolution & Still Can, Alix Kates Shulman & Honor Moore : When Betty Friedan published The Feminine Mystique in 1963, the book exploded into women’s consciousness. Before the decade was out, what had begun as a campaign for women’s civil rights transformed into a diverse and revolutionary movement for freedom and social justice that challenged many aspects of everyday life long accepted as fixed: work, birth control and abortion, childcare and housework, gender, class, and race, art and literature, sexuality and identity, rape and domestic violence, sexual harassment, pornography, and more. This was the women’s liberation movement, and writing—powerful, personal, and prophetic—was its beating heart.  Fifty years on, in the age of #MeToo and Black Lives Matter, this visionary and radical writing is as relevant and urgently needed as ever, ready to inspire a new generation of feminists. Activists and writers Alix Kates Shulman and Honor Moore have gathered an unprecedented collection of works—many long out-of-print and hard to find—that catalyzed and propelled the women’s liberation movement. Ranging from Friedan’s Feminine Mystique to Backlash, Susan Faludi’s Reagan-era requiem, and framed by Shulman and Moore with an introduction and headnotes that provide historical and personal context, the anthology reveals the crucial role of Black feminists and other women of color in a decades long mass movement that not only brought about fundamental changes in American life—changes too often taken for granted today—but envisioned a thoroughgoing revolution in society and consciousness still to be achieved.

17 février

Scum Manifesto, Valerie Solanas (préface de Lauren Bastide) : En renversant l’image de la femme comme être inférieur par nature pour l’appliquer à l’homme, l’autrice démonte la mécanique de la domination masculine. Un pamphlet littéraire et politique, où l’humour et la provocation révèlent les rapports de force entre les sexes. Depuis sa diffusion dans les rues de New York par Valerie Solanas en 1967, SCUM Manifesto est devenu un texte culte du féminisme.

Nellie Bly : dans l’antre de la folie, Virginie Ollagnier-Jouvray & Carole Maurel : Nellie Bly est complètement folle. Sans cesse, elle répète vouloir retrouver ses « troncs ». Personne n’arrive à saisir le sens de ses propos, car en réalité, tout cela n’est qu’une vaste supercherie. Nellie cherche à se faire interner dans l’asile psychiatrique de Blackwell à New York dans le but d’y enquêter sur les conditions de vie de ses résidentes. Y parvenant avec une facilité déconcertante, elle découvre un univers glacial, sadique et misogyne, où ne pas parfaitement remplir le rôle assigné aux femmes leur suffit à être désignée comme aliénée. 

18 février

Mes ancêtres les gauloises, Elise Thiébaut : Et si le fameux  » roman national « , qu’appellent de leurs vœux nos réactionnaires les plus échevelés, passait par l’autobiographie ? C’est le pari d’Elise Thiébault. Blanche et hétéronormée, voilà une Française  » de souche  » comme l’extrême-droite en rêverait. Sauf que, féministe et peu adepte du  » Grand Remplacement « , celle-ci préfère de loin questionner ses racines. Lancée à l’assaut de son arbre généalogique, la voilà qui inventorise son héritage, pourfend les mythes collectifs, les vieux schémas patriarcaux, chante ses aînées gauloises, amazones ou courtisanes, et de branche en branche, bâtit avec fougue le contre-roman de l’identité nationale.

Women VS Hollywood, Helen O’Fara : The dawn of cinema was a free-for-all, and there were women who forged ahead in many areas of filmmaking. Early pioneers like Dorothy Arzner (who invented the boom mic, among other innovations) and Alice Guy-Blache shaped the way films are made. But it wasn’t long before these talented women were pushed aside and their contributions written out of film history. How and why did this happen? Hollywood was born just over a century ago, at a time of huge forward motion for women’s rights, yet it came to embody the same old sexist standards. Women found themselves fighting a system that feeds on their talent, creativity and beauty but refuses to pay them the same respect as their male contemporaries – until now… The tide has finally begun to turn. A new generation of women, both in front of and behind the camera, are making waves in the industry and are now shaping some of the biggest films to hit our screens. There is plenty of work still needed before we can even come close to gender equality in film – but we’re finally headed in the right direction.

19 février

Résine, Elodie Shanta : Résine est accusée d’être une sorcière. Avec son compagnon Claudin, ils s’enfuient et commencent une nouvelle vie à Floriboule. Mais leur arrivée va être à l’origine de nombreux problèmes : accusations infondées, procès en sorcellerie, confrontation avec des villageois sexistes et obscurantistes. On retrouve dans Résine l’univers fantastico-médiéval, l’humour et la douceur d’Elodie Shanta, ici au service d’un récit incisif et de problématiques plus graves, telles que le sexisme, le harcèlement et les violences faites aux femmes.

2 réflexions sur « Quelques sorties féministes & LGBTQ+ de février »

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