Alias Grace – Margaret Atwood

« Murderess is a strong word to have attached to you. It has a smell to it, that word – musky and oppressive, like dead flowers in a vase. Sometimes at night I whisper it over to myself: Murderess, Murderess. It rustles, like a taffeta skirt across the floor.« 

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Titre
: Alias Grace
Autrice : Margaret Atwood
Editeur : Virago Press
Prix : 9,37 euros
Date de publication : 2017 pour la présente édition

Note : 4/5

Ce roman est disponible en français sous le titre Captive, publié chez les éditions 10/18 et Robert Laffont.

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1859 : Grace Marks, condamnée à perpétuité, s’étiole dans un pénitencier canadien. A l’âge de seize ans, Grace a été accusée de deux horribles meurtres. Personne n’a jamais su si elle était coupable, innocente ou folle. Lors de son procès, après avoir donné trois versions des faits, Grace s’est murée dans le silence : amnésie ou dissimulation ? Le docteur Simon Jordan veut découvrir la vérité. Gagnant sa confiance, Jordan découvre peu à peu la personnalité de Grace, qui ne semble ni démente ni criminelle. Mais pourquoi lui cache-t-elle les troublants rêves qui hantent ses nuits ?

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Alias Grace est le troisième roman que je lis de Margaret Atwood, et j’aime toujours autant son style, à la fois détaché et incisif.

Cette fois, elle s’est inspiré d’une histoire vraie, un fait divers qui a fait beaucoup de bruit au Canada au XIXème. Le côté réel ressort avec les extraits de journaux, de rapports ou de lettres qui parsèment les débuts de chapitres.

J’ai trouvé difficile de rentrer dans le roman au début, le style d’écriture étant axé XIXème avec un vocabulaire riche et de nombreuses descriptions, mais une fois l’histoire lancée, il m’a été difficile de reposer le roman. L’ambiance est assez particulière, j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs parfois, notamment avec les lettres échangées par certains personnages. Cela ne gêne en rien la lecture, mais je pense qu’on aurait pu s’en passer.

L’histoire est racontée de deux points de vue différents : celui de Grace à la première personne, et celui du Dr Jordan à la troisième personne. L’ordre de narration est plutôt aléatoire, et si cela m’a surprise au début, je m’y suis rapidement faite. Cela donne, je trouve, encore plus de profondeur au personnage de Grace.

D’ailleurs, parlons-en de Grace. J’admire Margaret Atwood, parce qu’elle a su créer un personnage très complet en restituant avec brio la complexité de la psychologie humaine. Grace nous apparaît alors tour à tour ingénue et sans défense, voire un peu stupide, puis intelligente et manipulatrice. Elle m’a tout simplement fascinée, comme elle a fasciné à l’époque tous ceux qui l’ont approchée de près. C’est vraiment elle qui porte tout le roman, et je l’ai trouvée magistrale. A chaque instant je me suis posé la question : a-t-elle commis ce meurtre oui ou non ? Grace cache très bien son jeu, elle garde ses secrets et ne révèle la vérité que par petites bribes, ce qui est à la fois frustrant et intriguant.

Le roman monte peu à peu en puissance, au fur et à mesure que Grace raconte son histoire et que l’on approche du moment fatidique du meurtre. En parallèle, on suit le Dr Jordan qui, lui aussi, est confronté à une situation qui devient de plus en plus compliquée et oppressante. A cela s’ajoute une sensualité sous-jacente, teintée de violence.

Bref, Alias Grace est une pépite ! J’ai beaucoup aimé ma lecture, et je suis curieuse de voir comment le roman a été adapté en série sur Netflix.

2 réflexions sur « Alias Grace – Margaret Atwood »

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